Partageons ensemble mon parcours de paysan et de co-fondateur d'Oasis

Combo gagnant : Poireau, patate, courge, chou

En maraîchage bio-intensif, la rentabilité ne vient pas de la surface, mais de l’intelligence des successions. Cette année, sur notre microferme, nous avons mis à l’épreuve des enchaînements que j’aime appeler « Combo Gagnant ». Ici par exemple une succession fluide entre le poireau, la pomme de terre nouvelle, la courge et le chou-fleur sur un même espace.

Voici le récit technique de cette saison, entre réussites agronomiques et leçons apprises face au climat.

Un version résumé de cet article est disponible en vidéo !

Le pari du début d’année : La pomme de terre en primeur

Tout commence en plein cœur de l’hiver. Alors que nous terminons l’écoulement des derniers stocks de poireaux (plantés en juin de l’année précédente). Une partie vendue au kg, l’autre en botte de 500g pour les petits calibres. Nos regards se tournent ensuite déjà vers le printemps. Dès la semaine 6 (début février), nous lançons les plantations de pommes de terre nouvelles.

En février et mars, nous avons essuyé des gels allant jusqu’à -3°C. Malgré la protection d’un voile P30, les jeunes pousses ayant touché le voile givré ont subi des brûlures. C’est un rappel constant : la gestion thermique sous voile a ses limites. Heureusement, la vigueur du sol vivant a permis une reprise rapide dès le mois d’avril, malgré l’arrivée précoce des doryphores que nous avons maintenus sous surveillance.

L’art de la contreplantation : Quand la courge rencontre la patate

Le mois de mai marque un tournant stratégique. Plutôt que d’attendre la récolte totale des tubercules, nous pratiquons la contreplantation. Nous récoltons uniquement le rang central de pommes de terre pour y insérer immédiatement nos plants de courges (Potimarron et Butternut).

Contreplantation des courges dans les patates

Cette période a été marquée par une pression intense des rongeurs. Avant l’installation d’un piégeage systématique, nous avons perdu environ 10 % de la récolte de pommes de terre, sectionnées à la base. Malgré cela, le rendement est resté très bon (5 kg/m² en primeur), et la transition vers les courges s’est faite sans perte de temps.

L’été : Un sol couvert et trois cultures qui se croisent

En juin, le jardin change de visage. Alors que nous finissons de récolter les derniers rangs de pommes de terre, les courges explosent et couvrent rapidement le sol, jouant le rôle de paillage vivant.

Les courges grandissent très vite l’été

Le résultat en septembre a été sans appel : une récolte de courges exceptionnelle avec 5,6 kg/m² pour le Potimarron.

Ils ont été récoltés en avance mi-août, légère sous maturité pour la conservation et éviter que les rongeurs abiment les fruits. Le stockage est fait en caisses, à l’ombre sous le hangar. Nous mettrons au container + déshumidificateur en septembre.

L’automne et le défi de l’humidité : Les choux de fin de saison

À peine les courges potimarron récoltées, la planche ne reste pas nue. Nous enchaînons avec les choux-fleurs et brocolis début septembre. Ce créneau de fin d’année est crucial pour assurer une présence sur les étals en novembre et décembre.

Les récolte de choux fleurs commencent mi-novembre jusqu’à mi-décembre. Cette culture n’a pas trop mal marché au final malgré les gels successifs de novembre et les trombes d’eau de décembre (chou-fleur : 4,2kg/m2). A noter un pic de production début décembre et une récolte trop tardive qui ont impliqué de la perte de choux fleurs car abimés par la pluie, le gel et moisissures ! Il faut récolter dès que les feuilles de protection s’ouvrent et surtout dès la moindre petite tâche !

Bilan du combo gagnant : poireau, patate, courge, chou-fleur

Ce retour d’expérience permet de démontrer qu’il est possible en extérieur d’avoir de belles récoltes sur une grande partie de l’année. Il y a toutefois plusieurs points de vigilance :

  • Le gel sur les patates nouvelles qui peut détruire la culture
  • L’oïdium sur les courges qui peut être régulé en augmentant d’l’humidité des feuilles avec de l’aspersion quotidienne
  • Les rongeurs en maraîchage sur sol vivant 😊
  • Avoir des beaux plants de chou fleurs prêts pour début septembre
  • Protéger des grosses pluies / gels de décembre les choux-fleurs

Pour préciser le planning de culture, ci-dessous une infographie reprenant en détail les semaines de plantation.

Au niveau des récoltes, et bien c’est globalement bien réussi aussi. Certes il y a de la perte rongeurs, doryphores, oïdium et moisissures. Mais le résultat est à mon sens vraiment intéressant. Sur l’année, nous avons récolté 68€/m2 !

Il est possible de télécharger la version haute définition des infographies de cet article par ici si vous avez besoin de les imprimer :

Vous souhaitez adapter cet itinéraire sur votre propre terrain ? Je propose sur mon site www.permaculturepourtous.com des outils de planification pour être autonome là-dessus. Il y a aussi la planification de la ferme en détail pour s’inspirer.

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