La cabane aux courges : illustrons quelques principes de Permaculture

Voilà quelques temps que j’ai envie de partager avec vous l’histoire de la cabane aux courges qui se trouve dans mon jardin. Pourquoi me direz-vous ? 

Et bien parce que je pense que c’est un bon exemple pratique d’une réflexion basée sur les principes de la Permaculture. A travers cette histoire, je ferai des passerelles avec cette méthodologie de conception pour que vous compreniez bien les points essentiels. C’est parti !

Tout commence le 31 décembre 2017, la tempête fait rage en Bretagne et pendant que nous fêtons la nouvelle année, 5 grands arbres cassent et s’étalent de leur long dans le petit jardin de 1000m2. Par chance, les vents étant du bon côté, la maison n’a pas été touchée. C’est donc un spectacle de désolation que nous retrouvons dans le froid et la brume du matin. 

Après la surprise vient le temps de la réflexion : qu’allons-nous faire pour résoudre ce problème ? Un premier principe de Permaculture me vient en tête :

Principe de Permaculture | Le problème à la solution

La solution est donc dans les arbres tombés ! Autrement dit, changeons notre regard et voyons positivement cet incident. Pour aller plus loin, d’autres principes (et beaucoup de bon sens bien sûr) m’inspirent :

Utiliser et valoriser les ressources biologiques

Ne pas produire de déchets

Accélérer l’évolution et la succession écologique

Je décide donc de réunir amis, famille et personnes ayant de l’expérience dans l’élagage pour mettre en place les actions suivantes : sécurisation de la zone, coupe des branches, débitage des troncs tombés et atelier fendage pour préparer le bois de chauffage. Nous conservons quelques belles sections pour du bois de construction. En réfléchissant bien, la chute des arbres permet de faire entrer beaucoup de lumière dans le jardin. J’envisage de dégager l’espace pour accélérer la reprise de végétation spontanée et préparer un potager plus grand que celui prévu initialement.

Après 4 journées de travail intense, je peux observer tranquillement ce nouvel espace durant le reste du mois de janvier. Les souches partiellement déracinées créent des lignes nouvelles, le soleil pénètre sur des sols qui n’ont pas reçu de lumière depuis plusieurs décennies. Je me questionne sur comment retirer ces grosses souches du terrain pour faire « un peu plus propre », tout en me rappelant d’autres principes importants :

Observer et interagir

Intégrer plutôt que séparer

Travailler avec la Nature et non contre elle

Pour être le plus économe possible en temps et en énergie (la coupe des arbres a été déjà éprouvante), je décide de dessiner le futur jardin à partir de toutes ces irrégularités et cicatrices de la tempête. La souche d’un pin maritime est devenue une butte pour faire des cascades à vélo pour mes enfants. Une souche de charme a été transformée en parterre pour accueillir fraisiers et tomates. Ce qui me guide dans cette étape de réflexion sont les principes d’organisation :

Partir des structures d’ensemble pour arriver au détail

Un élément remplit plusieurs fonctions

Une fonction est réalisée par plusieurs éléments

Chaque élément est placé selon ses relations avec les autres

Enfin, nous arrivons à l’énorme souche du sapin qui n’est pas retournée à plat après avoir coupé le tronc. Vu la taille de la chose, cela me semblait difficile de la faire évoluer en butte pour les enfants ou bien en parterre de culture simple. J’ai mené une démarche spécifique à cet espace, mon objectif est qu’il remplisse les 4 fonctions : Divertissement, Accueil de la Biodiversité, Production de nourriture et enfin Créer un microclimat (car c’est la zone la plus exposée à la chaleur). 

Naturellement, en regardant de loin la souche renversée, l’idée de la cabane est venue. En 2 heures les restes de branches et de troncs mis de côté lors de la coupe des arbres ont permis de la construire. En voyant les enfants courir autour, j’ai créé un petit chemin qui monte puis descend. A l’aide de branches et piquets, les marches fixent le sol décompacté par la chute de l’arbre et évite les phénomènes d’érosion. Une fois amendé par un peu de compost, ce sol est idéal pour planter des blettes qui vont terminer de fixer la terre en périphérie du chemin. Enfin, j’ai planté quelques courges et concombres en bordure de la cabane qui sert de tuteur ! En contrepartie, les grandes feuille de l’été offriront de l’ombre aux enfants se cachant dans la cabane. Au final, ces actions illustrent un de mes principes préférés de Permaculture : 

Faire de petites actions, pour de grands changement !

Et maintenant à vous ! Je suis très friand d’exemples pratiques illustrant les principes de la permaculture. N’hésitez surtout pas à partager vos expériences en commentaires, cela nous fera tous grandir.

Et n’oubliez pas : la permaculture c’est pas dur. Faites le premier pas, elle vous tend les bras !

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